FEG
18.08.2026

À LA RENCONTRE DE KATHRIN RÜEGG,

NOUVELLE CO-DIRECTRICE DE LA FEG 

Depuis juin 2026, Kathrin Rüegg a rejoint la Fondation pour l’égalité de genre (FEG) en tant que co-directrice, aux côtés d’Anne-Céline Machet.

Avec 15 années d’expérience dans les droits humains et la justice internationale, elle apporte une expertise en développement organisationnel, en accompagnement du changement et en leadership collaboratif.

Mais au-delà de son parcours, un fil rouge relie chacune de ses expériences : la volonté de contribuer à un changement systémique vers davantage d’humanité, d’inclusion et d’égalité.

Un parcours guidé par la recherche de justice

 

Originaire du canton de Zurich, Kathrin est arrivée à Genève pour étudier les relations internationales, avec une spécialisation en droits humains. Elle a ensuite travaillé pour plusieurs organisations engagées dans les droits humains et la justice internationale, notamment Justice Rapid Response, des associations au Guatemala ainsi que l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), où elle a dirigé les opérations (RH, finance, admin, projets, management.)

Au fil de ces expériences, elle s’est progressivement intéressée aux dynamiques systémiques, aussi bien au sein des organisations que dans la société.

« Plus j’ai vécu des expériences variées dans différentes organisations, plus je me suis passionnée pour la perspective systémique. Qu’est-ce qui fonctionne bien dans notre système ? Que pouvons-nous améliorer pour permettre à notre travail d’avoir encore plus d’impact ? Et pour que tout-e-xs les collègues puissent faire leur travail et se sentir bien au travail ? »

Pour approfondir ces questions, elle se forme ensuite au coaching professionnel et accompagne des femmes candidates à des mandats politiques ainsi que des femmes actives dans les secteurs associatif et des droits humains.

« Toutes voulaient mieux comprendre comment elles pouvaient contribuer à changer nos sociétés sans devoir sacrifier leur bien-être pour le faire. Ce qui rendait cela particulièrement difficile, c’était souvent le système et la culture de travail dans lesquels elles évoluaient. »

Parmi les expériences qui ont le plus marqué son parcours, Kathrin évoque les deux années passées au Guatemala auprès de défenseur-e-xs des droits humains.

« Leur travail est mené avec la détermination de tout mettre en œuvre pour laisser un monde plus paisible, plus juste et plus égalitaire aux générations à venir. Cette attitude et cette force continuent à m’inspirer aujourd’hui. »

Une vision en résonance avec la FEG

Après son expérience à la direction des opérations de l’OMCT, Kathrin souhaitait s’investir plus directement dans une thématique qui la passionne depuis longtemps : l’avancement de l’égalité de genre.

À la FEG, elle retrouve une vision qui fait écho à son propre parcours : agir de manière ambitieuse tout en renforçant un écosystème déjà riche d’organisations et de personnes engagées.

« La FEG est une organisation qui ose : visionnaire et audacieuse, mais aussi pragmatique, consciente du rôle complémentaire qu’elle joue aux côtés des associations féministes et féminines qui existaient déjà avant elle. »

Elle est également séduite par la diversité des champs d’action de la Fondation.

« Ce qui me frappe, c’est la largeur du champ couvert : La Collective, l’Observatoire, le plaidoyer, la sensibilisation et le soutien aux organisations féministes et féminines. Cette diversité permet de réunir, autour d’un même rêve, des actrices et acteurs très différent-e-xs de l’écosystème féministe et de la société. Réunir des personnes différentes pour construire ensemble des solutions aux grandes questions de société : c’est une approche qui me porte depuis toujours. »

Le projet de La Collective représente, à ses yeux, une occasion unique de créer de nouvelles formes de collaboration.

« Tout ce qui pourra s’y discuter, s’y rêver, s’y co-créer ! J’y vois une occasion rare de vivre, travailler et construire une communauté, avec ses défis autant que ses opportunités. Un véritable laboratoire du vivre-ensemble. »

Faire face aux défis, ensemble

Kathrin prend ses fonctions dans un contexte marqué par un recul des droits des femmes et des minorités de genre, ainsi que par une pression croissante sur les ressources des organisations engagées en faveur de l’égalité.

« Nous nous trouvons dans un moment de backlash contre les avancées féministes, des progrès auxquels nous avons eu droit grâce à tant d’activistes féministes et de personnes issues des minorités de genre. En parallèle, il existe un véritable enjeu concernant les ressources disponibles pour les organisations qui s’investissent en faveur de l’égalité de genre.

Mais quand je pense à ces défis, je pense aussi à ces femmes et à ces activistes qui ont lutté pour le progrès dans le passé. Je pense notamment aux femmes qui ont organisé la Grève des femmes en 1991 et qui avaient décidé de faire quelque chose qui ne s’était encore jamais fait en Suisse. Elles étaient elles-mêmes surprises de l’ampleur et de l’impact de leurs actions.

Ce que j’en retiens ? Premièrement, nous sommes plus fort-e-xs lorsque nous agissons ensemble. Deuxièmement, nous devons continuer à oser prendre de nouvelles initiatives, à rêver et à exiger le respect de nos droits. Personne n’a jamais “reçu” un droit, ni le respect de celui-ci, simplement par générosité de celles et ceux qui détiennent le pouvoir. Les avancées se sont toujours faites parce que des personnes courageuses se sont unies et ont décidé de ne plus accepter le statu quo. Aujourd’hui, c’est à nous de jouer ce rôle, collectivement. »

L’ambition collective

 

Dans les années à venir, Kathrin imagine que la FEG pourra rapprocher les organisations, renforcer leurs collaborations et rendre les enjeux d’égalité plus visibles auprès de publics toujours plus larges.

La Collective occupera une place centrale dans cette dynamique. Bien plus qu’un bâtiment partagé, elle pourra faire évoluer les manières de travailler ensemble, favoriser les rencontres et faire émerger de nouvelles formes de communauté.

Kathrin voit ainsi la FEG comme une actrice de mise en réseau, capable de soutenir les synergies existantes et d’amplifier l’impact des organisations engagées sur le terrain.

« Je vois la FEG comme une actrice très bien placée pour créer des espaces de collaboration et de coordination entre les organisations féministes, amplifier les voix de nos partenaires présentes sur le terrain, soutenir le renforcement des capacités sur la base des besoins partagés et créer des liens entre les différent-e-xs acteur-rice-xs engagé-e-xs en faveur de l’égalité de genre. Tout cela pour être plus fort-e-xs ensemble, ne pas seulement résister au backlash, mais aussi contribuer à construire des réalités plus égalitaires. »

Pour y parvenir, un principe guide particulièrement sa manière de travailler.

« Nos objectifs sont absolument cruciaux. Mais la façon dont nous collaborons pour les atteindre l’est également. À mon avis, nous devrions toujours essayer de vivre nos valeurs et notre vision organisationnelles au quotidien, dans la qualité de nos échanges, la prise de décision et notre façon de fonctionner.
Ce n’est pas un exercice facile, et je sais que moi aussi, j’échoue régulièrement. Mais ce qui m’importe, c’est de continuer à apprendre, à essayer de vivre cette cohérence et à avancer ensemble.»

Alors qu’elle débute cette nouvelle étape, Kathrin se réjouit avant tout des rencontres à venir.

« Je me réjouis beaucoup, dans les semaines et les mois à venir, de mieux connaître les organisations et les partenaires qui font vivre notre écosystème, de découvrir plus en profondeur leur travail, de co-créer et de rêver ensemble. Et de contribuer à faire bouger les choses, ensemble ! »